Hommage à Régine Scelles

Billet d’humeur extrait de La Lettre du Polyhandicap n°100 – Février 2022

Portrait de Régine Scelles

Non, le GPF n’est pas d’humeur…Nous avons du mal à penser à autre chose qu’à Régine Scelles, et ce qu’elle a apporté à nos enfants polyhandicapés.

Nous avons donc choisi de laisser la parole à quelques-uns de ceux, à toutes celles qui ont cheminé avec elle et qui ont voulu témoigner, et d’abord à son équipe :

« Nous avons l’immense peine de vous annoncer le décès du Professeure Régine Scelles, co-fondatrice du Séminaire
Interuniversitaire International sur la clinique du handicap (SIICLHA).

Elle a été un pilier, initiatrice, animatrice et oratrice infatigable des colloques du SIICLHA et des Jeudis du SIICLHA.

C’est en 2005, qu’elle a créé avec Simone Korf-Sausse, Marcela Gargiulo, Albert Ciccone, Sylvain Missonnier, Roger
Salbreux notre collectif : le SIICLHA.

En 2014, elle a été à l’origine également avec ses compagnes et compagnons de route du séminaire mensuel à l’Hôpital
de la Pitié-Salpêtrière : « Les jeudis du SIICLHA ».

Ces séminaires interuniversitaires et internationaux suivis assidûment par des étudiants, des chercheurs et des
professionnels du terrain, sont devenus des rendez-vous incontournables pour nous tous.

Dans notre collectif, Régine a su imprimer sa force créative et sa détermination. Elle n’a économisé ni son temps ni son
énergie pour mobiliser : collègues, soutiens institutionnels, acteurs de terrain, organismes de recherche autour des
événements du SIICLHA.

Régine fait partie des pionniers en France dans le champ du handicap. Elle savait qu’il fallait déployer des moyens pour
conquérir un terrain insuffisamment habité et le plus souvent déserté par tous ceux qui pensaient que le handicap était
une thématique ingrate et peu fertile.

Elle a osé créer, à une époque où les travaux sur le handicap étaient rares, ce collectif interuniversitaire pour mettre en
réseau et faire travailler ensemble des enseignants chercheurs et des professionnels de terrain engagés dans l’approche
psychanalytique de la clinique du handicap.

Sa thèse en 1996 portait le beau titre « J’ai mal à mon frère : influence du handicap d’un enfant sur ses frères et sœurs ».
Nous avons aujourd’hui tous mal à notre sœur disparue trop tôt. »

Anne Boissel, Albert Cicconne, Simone Korf-Sausse, Sylvain Missonnier,
Marco Araneda, Pierre Ancet, Johan De Groef et Marcela Gargiulo


« C’est plus qu’une immense perte pour la cause du polyhandicap, c’est la fin d’un compagnonnage avec une personne à
tous égards attachante. »


« Triste nouvelle. La disparition d’une personne de grande valeur et appréciée de Tous. Elle a permis de grandes avancées
pour les personnes polyhandicapées »


« Quel choc ! Régine, par son regard et par ses recherches permettant notamment l’élaboration de ces outils reconnus que sont le P2CJP puis l’ECP, a permis que soient mises au jour des richesses souvent encore insoupçonnées chez nos amies les personnes polyhandicapées, et que l’on puisse ainsi les accompagner de façon plus adéquate et plus fine. »


« Les travaux de Régine Scelles nourrissent notre réflexion, comme celle de nombreux acteurs du polyhandicap. Ses travaux sur les frères et sœurs ont permis de penser la place de la fratrie et ont inspiré les « rencontres fratries. »
Souhaitons que chacun, à son niveau, poursuivre la voie qu’elle a initiée. »


« Son travail, son expérience, sa pratique nous ont été utiles et demeurent d’un grand secours face aux difficultés que nous
rencontrions et rencontrons encore dans l’accompagnement des personnes handicapées et dans la relation que l’on souhaite entretenir avec elles. »


« C’est une grande peine et une énorme perte pour nous tous. Elle disparaît en pleine activité, – et quelle activité ! – ! Nous lui devons une immense reconnaissance pour la transformation apportée à l’accompagnement des personnes polyhandicapées par son regard et ses recherches sur leurs potentialités souvent si discrètement manifestées et difficiles à repérer.« 


« Pour nous, c’est aussi la perte d’un éclairage que nous ne pourrons désormais aller chercher que dans ses publications et ses témoignages qui ont si souvent enrichi et fait le succès de nos journées. Merci à elle d’avoir si bien partagé. »


« La reconnaissance des aptitudes, de la compréhension, des personnes polyhandicapées a fait de grands progrès grâce à Régine Scelles. Ces connaissances ne sont pas encore assez diffusées. Il faut espérer que d’autres suivront ses travaux pour nos enfants si souvent démunis et non reconnus. Que son travail continue !! »


« C’est une grande figure du polyhandicap qui s’est éteinte en pleine activité avec encore beaucoup de projets dont certains
sont en cours. Elle a eu, jusqu’au bout, une activité clinique en service de soins, proche des enfants polyhandicapés et de leurs familles ; Elle fut aussi et surtout une des pionnières de la recherche sur le polyhandicap qu’elle a débutée à une époque où très peu de chercheurs abordaient ce sujet faisant ainsi avancer les connaissances et améliorer leurs conditions de vie. »


« Mme Scelles a donné et donne encore des outils et des méthodes particulièrement ajustées aux besoins des personnes
polyhandicapées. La finesse et la justesse de ses observations et de celles du laboratoire de recherches où elle exerçait
donnent des perspectives de compréhension toujours plus approfondies du fonctionnement des personnes
polyhandicapées.
Espérons la poursuite de son travail précurseur. »


« Le départ de Régine Scelles est effectivement une grande perte pour les personnes polyhandicapées mais aussi pour les
personnes handicapées Tout au long de sa vie elle a su lier la connaissance et la rencontre avec ces personnes et les mettre au service de la recherche avec une énergie farouche.
Nous lui devons beaucoup notamment son approche positive et constructive SEULE évaluation pertinente sur le plan
cognitif.
Jusqu’au bout elle se sera battue avec ses collègues psychologues.
Toutes nos condoléances à sa famille mais aussi aux équipes qu’elle accompagnait encore. »


« Quel choc ! Quelle tristesse ! Une femme, une clinicienne, une chercheuse engagée qui a énormément apporté aux personnes polyhandicapées, et aux liens que nous tissons tous avec elles. Elle continuera à nous inspirer…. »


« Pas de scolarisation des enfants polyhandicapés sans P2CJP et ECP… nous lui devons tant et il lui restait beaucoup à faire. C’est une perte énorme pour le monde du Polyhandicap. »


« Triste nouvelle. Ses écrits, son dynamisme et son engagement nous ont portés, éclairés et inspirés pendant de longues années. Une pensée particulière pour ses proches, ses amis et sa famille. »


« Comme je partage votre tristesse ! Régine Scelles m’a tant transmis et apporté dans ma rencontre avec la clinique du
polyhandicap. Clinicienne passionnée, toujours disponible et à l’écoute, nos échanges autour des enfants et adolescents en situation de polyhandicap m’ont été toujours très éclairants. Je salue la richesse de son travail sur le polyhandicap et je la remercie. Avec mes plus chaleureuses pensées… »


« Bien triste nouvelle ! Elle a accompagné le DIU DI avec fidélité et professionnalisme. Nous devions la retrouver au mois
de mars… Je salue sa mémoire. »


« Une très grande dame à qui nous devons aujourd’hui une grande avancée et un changement de regard à l’égard des
personnes en situation de polyhandicap »


« Un nom pour toujours attaché au polyhandicap- elle a fait tant … et continuera… »


« Les professionnels des institutions et des réseaux dont elle était membre perdent une collègue profondément investie,
dynamique, enthousiaste, déterminée, chaleureuse et toujours soucieuse des liens aux autres. Ses qualités humaines
ainsi que ses qualités de transmission nous manqueront beaucoup. »


Et tous d’avoir une pensée, un mot gentil de condoléances, pour sa famille et ses proches, pensées et condoléances

que le GPF partage en témoignant, une fois encore, son immense reconnaissance.