Rapport IGAS : la nécessaire transformation de l’Offre

Pour faire suite à la CNH d’avril 2023 et aux promesses de transformation de l’offre, la ministre Madame Fadila Khattabi avait commandé en Février 2024 à l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), un rapport rendu public en avril sous le titre :

« Handicap : comment transformer l’offre sociale et médico-sociale pour mieux répondre aux attentes des personnes ».

Le GPF a pu porter les voix des personnes polyhandicapées et de ceux qui les accompagnent auprès des rapporteurs de l’IGAS.

Ce rapport comporte beaucoup de points positifs, notamment une souplesse d’accompagnement qui offre des solutions d’accueil multimodales, diverses et adaptées, sans recours obligatoire à la MDPH, une liberté d’aller et venir, un droit à l’erreur, une prise en compte des besoins des personnes et un recours permanent à l’autodétermination ; autodétermination qui, dans le champ du polyhandicap qui nous occupe, pourrait se traduire par « recueil des attentes des personnes handicapées »

Le constat actuel est que l’offre médicosociale est insuffisante et insuffisamment variée, ne permettant que très peu de choix de vie ; qu’elle est de plus très gravement menacée par la pénurie de personnels, l’insuffisance criante de formation et la perte d’attractivité des métiers du travail social. Et qu’elle est de surcroit encore plus limitée par la rigidité de ses cadres administratifs et la perte de qualité de l’accompagnement des adultes. 

Cependant la première étape de suppression des spécificités des établissements, articulée avec la préconisation, surtout portée par les ARS, d’inconditionnalité de l’accueil nous parait dangereuse : la méconnaissance des besoins spécifiques, y compris souvent par les pouvoirs publics, la griserie d’une société inclusive qui tarde cependant à advenir, les pertes de savoir-faire peuvent mettre en danger les plus vulnérables des personnes que, parents et professionnels, nous accompagnons.  

Si le résultat escompté est prometteur, la voie pour y arriver est semée d’embûches, les deux plus dangereuses étant, d’une part la méconnaissance des besoins quantitatifs (pas de diagnostic territorial partagé, pas d’observatoire des besoins) et l’impensé que constitue le blocage des jeunes adultes en amendement creton, faute d’avoir anticipé l’allongement de l’espérance de vie de leurs aînés ; et d’autre part le financement  nécessaire aux accompagnements vraiment adaptés que préconise ce rapport. Sérafin Ph, nouveau ( !) plan de financement à l’étude depuis plus de 10 ans, a encore à prouver sa qualité de réponse aux besoins réels et aux attentes des personnes. 

Cependant, de cette transformation, nous avons tout à gagner…à condition que sa mise en œuvre soit faite par de vrais professionnels connaisseurs de terrain. Et à condition que les moyens financiers soient à la hauteur. La voie est étroite entre l’hyper protection qui se termine trop souvent en bas de gamme devant une télévision et une inclusion mal préparée qui s’avérerait catastrophique pour nos enfants qui ont une sensibilité, une vulnérabilité, une temporalité et des modes d’expression qui leur sont propres et que ne partage pas souvent notre inconfortable société.